Pour la seconde année consécutive, et en attendant la fin des travaux du Centre Pompidou à l’horizon 2030, le festival Cinéma du réel se déploie rive gauche de la capitale dans plusieurs cinémas du quartier latin comme L’Arlequin, épicentre de la manifestation, le Reflet Médicis, le Saint-André des Arts ainsi que le Théâtre de l’Alliance Française voisin. Fil rouge de ce grand rendez-vous mondial du documentaire de création, la compétition internationale sera riche d’une quarantaine de titres d’une grande diversité de provenances (Cambodge, Liban, Chili, Canada, France, Thaïlande…) et de formats (de 7 à 177 minutes). Cette compétition est complétée de la sélection Première fenêtre dédiée aux pratiques de créateurs émergents. Deux artistes singuliers sont à l’honneur cette année. D’une part l’Ecossais Luke Fowler, dont le travail à la frontière du documentaire et de l’expérimental a été à plusieurs reprises en compétition au Réel. D’autre part la Palestinienne Jumanna Manna dont l’œuvre, remarquée dans de nombreux lieux d’art contemporain depuis une quinzaine d’années, chronique de manière très personnelle les réalités du Proche-Orient. Cette vidéaste est associée à la grande programmation placée sous l’intitulé « Palestine : Formes du refus ». Un vaste ensemble qui couvrira plus de cinquante années d’histoire, depuis le début des années 70 avec Resistance – Why ? de Christian Gazhi ou They Do Not Exist de Mustafa Abu Ali à nos jours en passant par La Mémoire fertile de Michel Khleifi, Ici ou ailleurs de Jean-Luc Goadard et Anne-Marie Miéville ou Ford Transit de Hany Abu-Hassad. Auteurs respectivement des récents Gazan Tales et Morgenkreis, Mahmoud Nabil Ahmed et Basma Alsharif participeront à une rencontre sur les cinéastes palestiniens aujourd’hui. Après une ouverture avec une avant-première de Nuestra Tierra de Lucrecia Martel, de nombreuses autres séances spéciales suivront comme celle de Nous sommes les fruits de la forêt, nouvel opus de Rithy Panh, ou encore la première réalisation de Juliette Binoche, En Nous, qui conclura cette édition 2026 en présence de la comédienne désormais cinéaste. Volet professionnel de Cinéma du réel, PARISDOC sera l’occasion de nombreuses rencontres, tables rondes et débats dont deux concernent des chantiers essentiels pour l’association Carrefour des Festivals : « Comment les festivals de cinéma adorent-ils aujourd’hui les questions de VHSS ? » et « Une convention collective pour les festivals de cinéma, qu’est-ce que ça change ? »