Cette année encore, le cinéma de patrimoine restauré ne sera pas négligé sur la Croisette grâce à Cannes Classics. En parallèle de l’état des lieux de la création mondiale d’aujourd’hui que dresseront bien sûr la compétition officielle, Un Certain Regard, Cannes Première, la Semaine de la critique, la Quinzaine des Cinéastes et l’ACID, l’édition 2026 de Cannes Classics propose un nouveau florilège de titres du monde entier récemment restaurés. Avant même la soirée d’ouverture officielle du 79e festival (avec La Vénus électrique de Pierre Salvadori), cette section patrimoniale propose un premier évènement avec la projection en présence de Guillermo del Toro d’un des films les plus importants du réalisateur mexicain : Le Labyrinthe de Pan, en copie restaurée et vingt ans après sa présentation à Cannes. Parmi les autres personnalités attendues, on trouve par exemple Artavazd Pelechian et Jerzy Skolimowski. Le grand cinéaste arménien accompagnera cinq courts documentaires réalisés à la frontière des années 60 et 70 (Le Pays des hommes, Le Début, Nous, Les Habitants, Les Saisons) quand le cinéaste polonais présentera Travail au noir, avec Jeremy Irons dans un de ses premiers grands rôles et qui obtint le Prix du scénario à Cannes en 1982. Dix ans après la disparition de son compatriote Andrzej Wajda sera présenté L’Homme de marbre, sa Palme d’or très politique en 1981. D’autres films et auteurs ayant marqué l’histoire du Festival de Cannes seront au programme, avec par exemple Adieu ma concubine de Chen Kaige, première Palme d’or chinoise en 1993, Tilaï d’Idrissa Ouedraogo, Grand prix du Jury en 1990, ou La Symphonie pastorale, lauréat du premier Festival de Cannes il y a quatre-vingts ans et qui voyait Michèle Morgan recevoir le premier prix d’interprétation féminine. Le cinéma de genre de ne sera pas oublié au sein de Cannes Classics avec notamment, Machine-Gun Kelly de Roger Corman, pape du cinéma bis décédé en 2024 et qui aurait eu 100 ans cette année, une nouvelle version restaurée du culte Les Diables de Ken Russel ou encore, dans un registre sulfureux à la fin des années 60, le rare Disons, un soir à dîner de Giuseppe Patroni Griffi avec Jean-Louis Trintignant et Annie Girardot sur une musique d’Ennio Morricone et un scénario coécrit par Dario Argento qui accompagnera la séance. Seront également dévoilés en exclusivité de nouveaux documentaires sur le cinéma comme Maverick : The Epic Adventure of David Lean de Barnaby Thompson, Vittorio De Sica – La Vie en scène de Francesco Zippel ou encore Dernsie : La Vie Incroyable de Bruce Dern de Mike Mendez, en présence du comédien américain (Prix d’interprétation à Cannes pour Nebraska d’Alexander Payne en 2013) et de sa fille l’actrice Laura Dern. A noter que le patrimoine cinématographique sera également célébré en plein air au Cinéma de la Plage avec notamment Un homme et une femme de Claude Lelouch, pour le soixantième anniversaire de la Palme d’or du film, Land and Freedom de Kean Loach en sa présence ou Viva Maria ! de Louis Malle qui sera l’occasion de rendre hommage à Brigitte Bardot.