Plus que jamais, le Fema multiplie à La Rochelle les propositions tout au long d’une 54e édition particulièrement dense dont l’affiche est placée sous la figure tutélaire de Jacques Tati, cinéaste incontournable dont les longs métrages – de Jour de fête à Parade – seront présentés en copies restaurées avant leur réédition en salles. Plus de vingt après une précédente rétrospective à La Rochelle, celle-ci sera notamment complétée par une avant-première du documentaire Itinéraire Bis que Stéphane Goudet, spécialiste du burlesque, a consacré au réalisateur de Mon Oncle et Playtime. A son tour, le festival fête le centenaire de Youssef Chahine autour d’une dizaine de ses films couvrant près d’un demi-siècle de création du cinéaste égyptien, de Ciel d’enfer à L’Autre en passant par Gare centrale et Le Destin. Moins d’un an après sa disparition, une rétrospective rendra hommage à Diane Keaton. Ce sera l’occasion de revisiter des collaborations de la comédienne américaine avec Woody Alen bien sûr (Annie Hall, Manhattan…) mais aussi Francis Ford Coppola (Le Parrain et Le Parrain II), Warren Beatty (Reds), Richard Brooks (A la recherche de Mister Goodbar) et Alan Parker (L’Usure du temps). Trente ans après sa disparition, une autre femme, bien moins connue, sera célébrée en la personne de la réalisatrice Leida Laius, figure majeure du cinéma estonien dans les années 70 et 80. Des personnalités bien vivantes seront aussi à l’honneur et attendues à La Rochelle, à commencer par le réalisateur roumain Christian Mungiu pour un hommage dont le point d’orgue sera l’avant-première de Fjord, sa seconde Palme d’or près de vingt ans après celle pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours. Ce sera aussi le cas de Léa Mysius dont le troisième long métrage, Histoires de minuit adapté du roman éponyme de Laurent Mauvignier, était également en compétition à Cannes ainsi que du réalisateur norvégien Dag Johan Haugerud, auteur de la remarquée Trilogie d’Oslo (Rêves, Amour, Désir). Sans oublier Regina Pessoa et Abi Feijo, deux réalisateurs piliers du cinéma d’animation portugais dont ils sont les ambassadeurs multiprimés. Impossible de citer toutes les autres accroches de cette édition 2026 mais notons pêlemêle le 40e anniversaire des Editions Rivage/Noir, autour d’une demi-douzaine de polars, la création de plusieurs ciné-concerts dont trois sur des classiques du cinéma muet allemand (Le Dernier des hommes et Faust, une légende allemande de Friedrich Whilhelm Murnau et Les Mains d’Orlac de Robert Wiene) et de nombreuses avant-premières de fictions (« Ici et ailleurs ») et de documentaires (« Au cœur du doc »). Parmi ces derniers, comment ne pas souligner l’opus testamentaire d’un fidèle du festival dévoilé à la dernière Quinzaine des Cinéastes et dont le titre donne le ton de l’édito du rendez-vous rochelais : Merci d’être venu d’Alain Cavalier.