Après un épisode cévenol particulièrement violent le 30 septembre dernier à Montpellier, le Corum, palais des congrès et lieu essentiel de la vie culturelle de la capitale héraultaise, a dû brutalement fermer pour raisons de sécurité et pour une durée indéterminée. A deux petites semaines de l’ouverture de la 48e édition de la manifestation, cette situation a violemment percuté le travail de l’équipe de Cinemed, le Festival du cinéma méditerranéen de Montpellier qui se trouvait ainsi brutalement privé de son navire amiral. Comme chaque année, c’est en effet au Corum qu’étaient prévues la plupart des projections du festival – dans trois salles de plus 300, 700 et 1000 places -, mais aussi de nombreux espaces de rencontres et des rendez-vous professionnels. Une course contre la montre a permis de maintenir cette édition menacée, principalement grâce à la mobilisation du Pathé Comédie, complexe de centre-ville qui va mettre à disposition ses huit salles pour accueilli les séances initialement prévues au Corum. Quant aux rencontres et rendez-vous professionnels, ils vont pour la plupart trouver refuge à l’auditorium du musée Fabre voisin. Cette réorganisation dans des délais records permet à Cinemed de maintenir le cap et de proposer l’entièreté d’une programmation fidèle à ses fondamentaux. Quelques semaines après avoir été dévoilé à Venise, c’est le nouvel opus de Nanni Moretti, Les Cœurs affamés, qui ouvrira cette édition 2026 atypique. Une édition qui gardera l’accent italien avec des rétrospectives consacrées à Vittorio De Sica, du rare Les Enfants nous regardent jusqu’à Le Jardin des Finzi-Contini en passant par Le Voleur de bicyclette, et à Marco Bellochio, depuis Les Poings dans les poches jusqu’au récent L’Enlèvement en passant par Le Traître. Deux autres personnalités seront à l’honneur et viendront à la rencontre du public. D’une part la chanteuse et comédienne Camélia Jordana dont la filmographie l’a conduit depuis une dizaine d’année chez Frédéric Farucci (La Nuit venue), Manèle Labidi (Reine mère), Emmanuel Mouret (Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait) ou Mehdi Fikri (Avant que les flammes ne s’éteignent qui avait fait l’objet de violentes attaques racistes). D’autre part le cinéaste espagnol Pablo Berger, auteur depuis plus de vingt ans de films aussi marquants que singuliers comme Torremolinos 73, avec un jeune Mads Mikkelsen, Blancanieves, film muet en noir et blanc qui avait totalisé dix Goya, ou le récent film d’animation Mon ami robot. La traditionnelle plongée dans production contemporaine du bassin méditerranéen sera à nouveau au rendez-vous avec les compétitions de longs métrages, de courts métrages et de documentaires que complétera un coup de projecteur sur le jeune cinéma égyptien. Le cinéma de genre ne sera pas oublié avec un ensemble consacré au cinéma fantastique arabe revisitant près de quatre-vingt ans de production, des origines avec Papa Amin de Youssef Chahine en 1950 jusqu’à nos jours (A House in Jerusalem de Muayad Alayan, Parfumé à la menthe de Muhammed Hamdy…).