Le 18e Festival Lumière remet son prix aux frères Coen et multiplie hommages et rétrospectives (10 – 18 octobre 2026)

Six ans après les Dardenne, c’est un autre duo de frères cinéastes qui recevra le Prix Lumière au festival du même nom cette année : Joel et Ethan Coen. Plus de trente ans après leur Palme d’or à Cannes pour Barton Fink, les réalisateurs de The Big Lebowski sont aussi attendus à Lyon pour une masterclass au Théâtre des Célestins et une rétrospective dont le point d’orgue sera une nuit à la Halle Tony Garnier enchainant jusqu’à l’aube Fargo, No Country for Old Men, Arizona Junior et Burn After Reading. Parmi les nombreux autres invités à l’honneur de cette édition 2026 et qui rencontreront eux aussi le public, on trouve par exemple Tsui Hark, Agnès Jaoui, Zhang Ziyi, Todd Hayne ou Nadine Labaki qui reviendront sur des jalons de leurs filmographies respectives. Prix Lumière 2023, Wim Wenders sera de retour avec une triple actualité : une avant-première de From Inside Out – The Architecture of Peter Zumthor, son nouveau documentaire en 3D, une projection de L’Image originelle – Wim Wenders de Pierre-Henri Gibert, suivi d’un dialogue entre ce dernier et son sujet, ainsi que la présentation la version restaurée de Summer in the City, le rare premier long métrage de Wim Wenders sorti en 1970. Comme chaque année, de nombreuses autres restaurations seront au programme, avec des titres aussi différents que La Renarde de Michael Powell et Emeric Pressburger, Un flic de Jean-Pierre Melville, Les Fleurs du soleil de Vittorio De Sica, La Femme insecte de Shohei Imamura, Caddie de Donald Crombie ou encore Pain amer de Grigoris Grigoriou, par ailleurs film important d’un focus sur l’âge d’or du cinéma grec. A noter aussi les versions restaurées de La Terrasse et Affreux, sales et méchants, à l’occasion d’un coup de projecteur sur le réalisateur de Nous nous sommes tant aimés et Espoir, Sierra de Teruel d’André Malraux à l’occasion du cinquantième anniversaire de la disparition de l’écrivain, cinéaste et ministre. Le festival revisitera également l’œuvre de Norman Jewison (Le Kid de Cincinnati, Dans la chaleur de la nuit, L’Affaire Thomas Crown…) et celle de Louis Daquin, essentiellement autour de ses films des années 40 comme Nous les gosses ou Le Point du jour. Il poursuivra aussi son « Histoire permanente des femmes cinéastes » avec des raretés comme L’Ivrogne de Gilda Abre (Brésil), Chemins croisés de Marta Mészaros (Hongrie) ou La Dérive de Paula Delsol (France), un titre important de la nouvelle vague qui va bientôt retrouver le chemin des salles. La pionnière Alice Guy sera au programme à travers les deux premiers épisodes de la série Alice qui lui est consacrée, en présence de Bérénice Bejo qui interprète la première productrice et réalisatrice de l’histoire du cinéma, et Irène Jacob qui joue sa mère (et par ailleurs présidente de l’Institut Lumière). Le cinéma muet ne sera pas oublié avec notamment Les Mystères d’une âme de Georg Wilhelm Pabst, La Madone des sleepings de Marco de Gastyne et Maurice Gleize, Tempête de Sam Taylor, le culte Erotikon de Gustav Machaty ou encore Le Coup de foudre de Clarence G. Badger lors d’un ciné-concert exceptionnel qui célébrera sa comédienne Clara Bow, « la it girl d’Hollywood ». Quelques semaines après sa disparition, cette édition sera également l’occasion bienvenue de saluer la mémoire de Tony Gatlif récemment décédé, autour de son incontournable Latcho Drom en copie restaurée. En marge du festival, les professionnels retrouveront le Marché international du film classique et son cortège de rendez-vous.